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Qu’est-ce que la NeuroRéflexivité ?

La NeuroRéflexivité est la capacité qui permet d’observer le fonctionnement de son mental, de transformer ses réactions, et d’incarner de nouvelles façons d’être.

Joseph Bismuth 9 min de lecture
neuro reflexivité

La NeuroRéflexivité est la capacité qui permet d’observer le fonctionnement de son mental, de transformer ses réactions, et d’incarner de nouvelles façons d’être. Elle ne s’arrête pas au constat : elle va de l’observation à la compréhension des mécanismes, puis à la décision de changer, et jusqu’à l’incarnation de ce changement au quotidien. Elle est rendue possible par deux caractéristiques majeures du système nerveux humain, la réflexivité et la plasticité neuronale (neuroplasticité), et se développe par l’apprentissage.

Autres écritures : neuroréflexivité, neuro réflexivité, neuro-réflexivité.

Trois mots à ne pas confondre

Les termes se ressemblent, ils ne désignent pas la même chose. C’est la première chose à poser.

La réflexivité est une caractéristique du système nerveux humain : la capacité du mental à se prendre lui-même pour objet. Elle existe chez chacun, qu’on le sache ou non, qu’on l’utilise ou non.

La NeuroRéflexivité est ce que l’on fait de cette caractéristique, associée à celle de la neuroplasticité : observer, comprendre, décider, incarner. C’est une capacité qui se développe, pas un état que l’on a ou que l’on n’a pas.

Le cycle NeuroReflexivity est un apprentissage conçu pour développer sa NeuroRéflexivité au service de son bien-être.

Un mot transverse construit sur deux langues

Neuro vient du grec neuron, qui désigne le nerf, la corde, le tendon. Il renvoie aux neurones, unités de base du système nerveux et de son organe principal, le cerveau.

Réflexivité vient du latin reflexio, formé de re, en arrière, et de flectere, plier. Littéralement, le fait de se plier en arrière.

Ce second mot appartient d’abord à la physique et plus précisément à l’optique. Un rayon qui frappe un miroir ne s’arrête pas, il repart en sens inverse : il se réfléchit. Le vocabulaire de la lumière a ensuite été transposé à celui de la pensée. Réfléchir, c’est faire revenir sa pensée vers sa source, comme un rayon qui rebrousse chemin et éclaire l’endroit d’où il vient.

NeuroRéflexivité est donc un mot nouveau, né de la rencontre de ces deux racines : l’observation de sa propre activité mentale, la transformation de ses réactions, et l’incarnation de nouvelles façons d’être, éclairée par ce que les neurosciences nous apprennent du fonctionnement du système nerveux.

La réflexivité : se voir en train de se voir

Prenez un miroir de poche, tenez-le devant vous, et placez-vous face à un grand miroir. Votre image se renvoie d’un miroir à l’autre, et se répète à l’intérieur, de plus en plus petite.

Votre mental fonctionne de la même façon. Un premier niveau observe une réaction et la corrige. Un second niveau peut observer cette correction et juger qu’elle n’était pas la bonne. Un troisième peut observer ce jugement. C’est ce que les chercheurs appellent la métacognition : penser sur sa propre pensée.

Vous n’avez pas besoin de monter très haut dans cette suite de reflets. Le premier niveau suffit déjà à changer beaucoup de choses. Mais il explique pourquoi la NeuroRéflexivité demande un peu de méthode : elle mobilise plusieurs niveaux de conscience en même temps, et cette coordination s’apprend.

Le fonctionnement du mental : le trajet dont vous n’avez aucun souvenir

Vous conduisez sur un trajet que vous faites depuis des années. Vous arrivez, vous coupez le moteur, et vous réalisez que vous n’avez aucun souvenir précis des décisions que vous avez dû prendre en chemin. Vous avez pourtant tourné, freiné, cédé le passage, tout s’est bien passé.

Simplement, votre attention était ailleurs : sur ce sujet qui vous turlupine depuis deux jours et pour lequel vous avez pris une décision… alors que vous conduisiez. Un pilote automatique a conduit pendant qu’un pilote manuel s’occupait d’autre chose.

Cette coexistence de deux pilotages n’est pas un défaut, c’est une réussite. Le pilote automatique libère des ressources pour ce qui en demande davantage. Votre cerveau fonctionne ainsi la plus grande partie du temps, en dessous de ce que l’on peut appeler votre ligne de conscience, sans que vous vous en rendiez compte. De temps à autre, face à un enjeu qui le réclame, le pilotage manuel se met en marche, sans pour autant couper l’automatique. Mieux vaut qu’ils soient bien coordonnés !

Un problème majeur apparaît lorsque les deux se contredisent. Imaginez un avion dont le pilote automatique resterait engagé et lutterait contre les commandes manuelles de l’équipage sur la même manœuvre. C’est exactement ce qui se produit quand vous décidez de réagir autrement mais que d’anciens automatismes gardent la main sans vous demander votre avis.

La NeuroRéflexivité commence là : comprendre que les deux systèmes de pilotage coexistent, apprendre à les observer en soi et à les faire travailler ensemble pour pouvoir incarner dans son quotidien de nouvelles façons d’agir.

Observer ne suffit pas pour changer

Un message tombe sur votre smartphone : « il faut qu’on parle ». En une fraction de seconde, votre gorge se serre automatiquement, par réflexe, et une histoire se met en place. Ce que vous avez peut-être mal fait, ce qui va vous être reproché, ce que vous répondrez. Sans réflexivité, cette histoire devient la seule réalité, et elle va occuper tout votre espace mental toute la journée…

Avec réflexivité, quelque chose s’intercale : « je remarque que mon corps s’est serré, et que mon esprit fabrique un scénario complet à partir de cinq mots qui ne disent rien de précis. » Le message est toujours là, la tension aussi, mais vous n’êtes plus entièrement absorbé par elle, et c’est dans cet espace que le choix redevient possible.

Bravo, vous avez déjà passé deux étapes !

  • Comprendre comment fonctionne le mental face à un enjeu.
  • Observer ce fonctionnement en soi, au moment où il se produit.

La NeuroRéflexivité propose alors deux étapes supplémentaires cruciales, qui structurent tout l’apprentissage en s’appuyant sur la neuroplasticité :

  • Transformer sa réaction, en choisissant une autre façon de faire plus utile ou efficace.
  • Incarner cette nouvelle façon, en s’entraînant jusqu’à ce qu’elle devienne à son tour un automatisme.

La neuroplasticité est une caractéristique majeure du système nerveux humain qui permet d’incarner de nouveaux comportements par la répétition en créant un automatisme. Un comportement acquis ne se remplace que par la mise en place d’un nouvel automatisme.

Ce que la NeuroRéflexivité n’est pas

Ce n’est pas ruminer. Ruminer, c’est repasser en boucle le même contenu : la même scène, la même phrase, le même reproche. Vous êtes dans un niveau de pensée, et vous tournez en rond. La NeuroRéflexivité change de niveau : elle observe la pensée au lieu d’en être l’otage. Reprenez l’image du miroir. Ruminer, c’est regarder toujours la même image. Être réflexif, c’est se regarder en train de penser, et se laisser la possibilité de penser autrement.

Ce n’est pas se juger. Il ne s’agit pas de se surveiller, encore moins de se tenir un procès. Il s’agit de se donner un espace neutre où accueillir ses ressentis, ses pensées et ses sentiments pour les observer et les questionner. Un observateur qui juge n’observe déjà plus.

Ce n’est pas de l’introspection sans autre objectif. Elle sert à quelque chose de précis : voir comment vous fonctionnez face à un enjeu, pour pouvoir choisir de fonctionner autrement et vous y entraîner, au service de votre bien-être.

Pour aller plus loin

  • Daniel Kahneman, Système 1, système 2 : les deux vitesses de la pensée, 2011. Prix Nobel (2002), il décrit les deux modes de pensée qui coexistent dans notre fonctionnement mental, rapide et automatique d’un côté, lent et volontaire de l’autre.
  • Les MasterClass NeuroReflexivity : une série originale de MasterClass, accessible à tous, pour comprendre, observer et transformer son mental au service de son bien-être, de sa vitalité et de relations plus écologiques avec soi-même et son environnement.

Questions fréquentes

La NeuroRéflexivité, est-ce la même chose que la méditation ?

Non, on peut être réflexif sans devenir un maître zen, et méditer sans que cela transforme grand-chose. La méditation est simplement l’entraînement le mieux documenté pour renforcer le muscle de l’attention, sur lequel repose toute capacité d’observation de soi, pour instaurer un espace neutre de non-jugement et observer sereinement ses ressentis, ses émotions, ses pensées et ses sentiments. La méditation de pleine conscience est un outil essentiel de l’apprentissage de la NeuroRéflexivité, au point de constituer l’une des six étapes du cycle NeuroReflexivity.

Est-ce que tout le monde peut la développer ?

Oui. C’est une capacité du système nerveux humain, pas un don. Elle se développe comme toute capacité, en combinant la théorie et la pratique sur une durée suffisante pour que le système nerveux s’en empare et installe de nouveaux automatismes. C’est le principe de la plasticité neuronale (neuroplasticité), qui nécessite d’alterner des étapes scientifiques pour comprendre et des étapes expérientielles pour pratiquer.

Pourquoi ne suffit-il pas de comprendre pour changer ?

Parce que comprendre et incarner sont deux choses différentes. L’observation vous permet de voir le mécanisme, mais voir un mécanisme ne le désactive pas. Il a été installé par la répétition, il se remplace par la répétition. C’est la raison pour laquelle l’apprentissage ne s’arrête pas à la compréhension.

À retenir

  • La NeuroRéflexivité est la capacité à observer le fonctionnement de son mental pour pouvoir le transformer, puis incarner ce changement au quotidien.
  • Le mot associe deux racines : neuron, le nerf en grec, et reflexio, se plier en arrière en latin, comme un rayon sur un miroir.
  • Elle s’appuie sur la réflexivité et la neuroplasticité (plasticité neuronale), deux caractéristiques majeures du système nerveux humain, et se développe par l’apprentissage.
  • Elle permet de repérer lequel de vos deux pilotages est aux commandes, l’automatique ou le manuel, et d’apprendre à les faire travailler ensemble.
  • Elle se déploie en quatre temps : comprendre, observer, transformer, incarner. Le cycle NeuroReflexivity est construit sur cette progression.
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