Qu’est-ce qu’une relation écologique ?
Appliqué aux relations humaines, l’adjectif écologique exprime une relation qui respecte autrui mais aussi soi-même, pour protéger la Vie.
Dans le langage courant, l’adjectif « écologique » est devenu le synonyme de ce qui respecte et protège l’environnement, c’est-à-dire la Vie sur la planète. Appliqué aux relations humaines, il exprime une relation qui respecte autrui (sa personne, ses besoins, son intégrité physique et psychique…) mais aussi soi-même, pour protéger ce cadeau primordial que chacun a reçu en lui : la Vie.
L’origine de l’expression
Écologie vient du grec oikos, la maison, et logos, l’étude. Littéralement, l’étude de la maison. Le naturaliste allemand Ernst Haeckel forge le terme en 1866 pour désigner une science nouvelle : l’étude des relations entre les organismes et leur milieu. Le mot ne parle donc pas de protection de la nature, il parle de relations. L’écologie naît comme la science de ce qui relie.
En 1972, l’anthropologue et biologiste Gregory Bateson réunit sous le titre Vers une écologie de l’esprit un ensemble de travaux qui opèrent un déplacement décisif : il applique cette pensée des interdépendances non plus aux forêts et aux rivières, mais à l’esprit humain, aux familles et aux systèmes de communication. Son apport tient en une idée : ce qui vaut pour un écosystème vaut pour un système relationnel. Tout y est relié, et modifier un élément déplace l’ensemble.
C’est de cette filiation que vient l’usage du mot en Programmation Neuro Linguistique : on parle d’écologie d’un changement pour vérifier préalablement si ce changement est bénéfique plus globalement pour le sujet et ses relations, et pas seulement pour trouver une solution à un enjeu.
La typologie des relations appliquée aux liens humains
Transposée aux relations humaines, la typologie des relations du vivant éclaire ce qui se joue dans une relation.
Le mutualisme est la configuration recherchée. Les deux personnes y trouvent leur compte, et la relation s’en trouve renforcée. C’est ce que désigne l’expression relation écologique dans le vocabulaire de la NeuroRéflexivité.
Le commensalisme est acceptable. L’un bénéficie, l’autre n’y perd rien. Beaucoup de relations de voisinage ou de travail fonctionnent ainsi, et c’est déjà bien. L’intérêt pour l’une n’a pas pour prix une perte pour l’autre. On ne répond pas à un besoin en en créant un autre ailleurs.
La compétition et le déséquilibre durable sont deux configurations coûteuses. Dans la première, les deux se concentrent sur la même ressource, qu’il s’agisse d’attention, de reconnaissance ou de temps. Dans la seconde, le bénéfice de l’un se construit sur ce que l’autre laisse de côté.
Trois marqueurs concrets permettent de situer une relation écologique sans avoir à l’analyser longuement :
- Le non y est possible, des deux côtés, sans que la relation en soit menacée.
- Le désaccord peut être assumé, ce qui permet de trouver une solution créative qui conviendra aux deux.
- Elle cherchera à revenir à un équilibre après une période transitoire quelquefois nécessaire, ce qui arrive dans toute relation.
À l’image de l’élastique…
Une relation écologique se comporte comme un élastique. On peut l’étirer : un désaccord, une période de tension, un déséquilibre dans un sens ou dans l’autre. Tant qu’il revient à sa forme initiale au bout d’un certain temps, tout va bien, et c’est même ce pour quoi il est fait. Ce qui l’abîme n’est pas l’étirement, c’est l’étirement permanent, celui qu’on ne relâche jamais parce que personne ne dit rien, ne fait rien pour en prendre soin. Un élastique maintenu tendu trop longtemps finit par se rompre ou se détendre. Un élastique qui reprend sa forme, lui, ne fait aucun bruit et aura une longue durabilité.
Un dimanche, un ami vous demande un service. Vous êtes fatigué, vous n’en avez pas l’énergie. Vous le lui dites simplement, et vous proposez autre chose la semaine suivante. Il l’entend, la conversation passe à autre chose. Trois lignes, aucun drame, et pourtant tout y est : vous avez dit ce qui était vrai pour vous, il a pu l’accueillir, et la relation en sort intacte. Authenticité, bienveillance, confiance, écoute attentive, équilibre : voilà les ingrédients d’une relation écologique.
Ce qu’une relation écologique n’est pas…
Ce n’est pas une relation sans désaccord. En écologie comme ailleurs, un système stable n’est pas un système immobile, c’est un système qui se régule. Le désaccord exprimé fait partie de la régulation.
Ce n’est pas une relation où l’on dit oui à tout. L’accord permanent produit une configuration où l’un gagne et l’autre reste au mieux neutre, confortable pour le premier, rarement tenable dans la durée.
Ce n’est pas réservé uniquement aux liens avec autrui. On parle aussi de relation écologique avec soi-même, en reconnaissant les différentes parts de nous-mêmes. Ces différentes parts ont des besoins différents qui quelquefois nous écartèlent entre des choix opposés : satisfaire une part va se faire aux dépens de l’autre. On donne souvent l’exemple de la vie professionnelle et de la vie privée, de la vie intime et de la vie de famille, de son image sociale et de son intériorité profonde…
Chez NeuroReflexivity
Les relations écologiques figurent dans la promesse de l’apprentissage, aux côtés du bien-être et de la vitalité. Elles permettent d’installer un bien-être global et durable.
Elles sont travaillées particulièrement à l’étape 3 du cycle, grâce à la Communication NonViolente. L’objectif y est précis : apprendre à partager ses ressentis et ses besoins avec autrui permet de trouver de l’aide. C’est la vocation fondamentale de la communication. La solution qui est alors trouvée de façon collaborative ne doit pas créer un autre besoin ailleurs.
Le concept revient aux étapes 4, 5 et 6 dans l’expression « alignement écologique », qui applique cette recherche d’équilibre non plus à la relation avec autrui, mais au lien entre les différentes parts de nous-mêmes, que la NeuroRéflexivité résume avec les concepts d’Être Vital et d’Être Social. L’alignement est la position interne recherchée dans la quête de bien-être.
Questions fréquentes
Pourquoi employer un mot d’écologie pour parler de relations humaines ?
Parce que c’est son sens d’origine. Depuis 1866, écologie désigne l’étude des relations entre un être vivant et son milieu, à quelque échelle que ce soit. L’usage environnemental du mot est le plus répandu aujourd’hui, mais il n’est pas le seul, et les deux partagent la même idée de protection de la Vie.
Une relation écologique, est-ce une relation sans conflit ?
Non. Une relation écologique n’est pas une relation sans tension, c’est une relation qui s’adapte aux aléas de la Vie, à l’impermanence, et qui est capable de revenir à l’équilibre. Une relation qui peut accueillir le désaccord est plus solide qu’une relation qui n’en a jamais.
Comment établir une relation écologique avec soi-même ?
L’humain est un univers à lui tout seul. Un bien-être global et durable est possible lorsque les différentes parties de cet univers entretiennent des relations écologiques entre elles. Le corps et l’esprit, mais aussi ses différentes incarnations qui coexistent dans les différents environnements de l’existence : le couple, la famille, les relations sociales, le travail… Tous ces éléments constituent les différentes parts de soi. NeuroReflexivity les résume à travers les concepts de l’Être Vital et de l’Être Social. L’apprentissage NeuroReflexivity permet de prendre conscience de ces différentes parts et de découvrir les outils qui permettront de trouver un alignement entre elles pour vivre l’expérience du bien-être.
À retenir
- Appliquée aux relations humaines, une relation écologique exprime une relation qui respecte autrui (sa personne, ses besoins…) mais aussi soi-même, pour protéger ce cadeau primordial que chacun a reçu : la Vie.
- Les deux personnes y trouvent leur compte, et la relation s’en trouve renforcée.
- L’intérêt pour l’une n’a pas pour prix une perte pour l’autre. On ne répond pas à un besoin en en créant un autre ailleurs.
- Une relation qui peut accueillir le désaccord est plus solide qu’une relation qui n’en a jamais.
- La relation écologique peut aussi s’appliquer entre les différentes parts de soi, dont les besoins différents nous écartèlent quelquefois entre des choix opposés : vie professionnelle et vie privée, vie intime et vie de famille, image sociale et intériorité profonde… L’apprentissage NeuroReflexivity les résume à travers les concepts d’Être Vital et d’Être Social.